Chaque année c’est pareil….

…Ça commence la veille du départ.

L’appendicite

Un little t’annonce au milieu du dîner qu’il a mal au ventre. Contrairement à tous les autres mals de ventre de l’année, celui-ci te plonge dans la panique. Tu imagines direct le pire et tu te mets à questionner furieusement ton Little pour savoir ou exactement il/elle a mal. Halluciné par les nouveaux pouvoirs du mal de ventre, Little n’hésite pas à en rajouter une tonne, il se met à gémir, se roule par terre, sanglote… tout ça pour voir jusqu’où tu es capable de t’inquiéter. Ce qu’il ne sait pas c’est qu’à ce moment-là, le seul truc qui t’inquiète vraiment c’est le voyage du lendemain et comment tu vas négocier avec le pilote de faire monter dans l’avion ton Little sur un brancard tout juste opéré de l’appendicite. Heureusement dans un sursaut de lucidité, tu poses la tricky question : « Dis donc Little, tu préfères une glace ou aller à l’hôpital ? ». D’un coup d’un seul le mal de ventre disparaît, Little se roule par terre parce qu’il veut une glace (il peut se brosser ) et toi tu es presque rassurée, l’appendicite: c’est fait.

Le coup de la valise

Il y a aussi l’engueulade dite de la valise.

Veille de départ, au téléphone.

Moi « Chéri je prends quoi comme valise(s) ? »
Lui « La grosse bleue et la petite noire ?»
Moi « Euh non je pensais plus à la verte, la grosse noire et la petite bleue. »
Lui « Ah non la petite verte est pour moi et puis tu te rends pas compte, avec la poussette ça rentrera jamais dans le coffre de la voiture de ta mère et bla et bla (…)» (un bon Sir bien remonté peut tenir des heures sur le sujet valise/coffre/poussette)
Moi « N’importe quoi, tu craques ça va rentrer sans problème. De toute façon, j’en étais sûre, tu dis ça juste parce que tu veux te garder la valise verte (…)»
Lui « puta*n Olive (…) »

Bon je t’épargne la suite de la scène de ménage, c’est pas joli joli.

Au final tu prendras toutes les valises que tu auras décidées de prendre, la petite noire, la grosse bleue, la moyenne grise, le sac marron et même le petit sac beige tient. Sir ne manquera pas de te maudire à chaque fois qu’il remplira le coffre d’une des nombreuses voitures de location des vacances. Et toi tu ne manqueras pas de lui dire avant chaque départ « t’as vu tout rentre nickel, je te l’avais bien dit ». (si tu as besoin de conseil pour sauver ton couple, surtout demande moi).

L’orgasme devant mon armoire « d’hiver »

Une fois réglé le problème du choix des valises, vient le moment tant attendu de les remplir. Et là encore chaque année c’est la même chose, après 11 mois en short/tongues, je suis surexcitée à l’idée de pouvoir remettre mes pulls et mes jeans. Je te concède que ça peut paraître futile mais voilà j’avoue. Alors chaque année c’est le rituel, je vide mes étagères et j’essaie absolument tout pour décider quel(s) jean(s) aura l’immense privilège de passer l’été en France…

Et chaque fois c’est le même constat (amer). Les fringues sont toutes trop serrées. Plusieurs explications possibles. Quand tu portais ces vêtements, il y a (au choix) 2, 3, 4 ou 5 ans, tu n’avais qu’un ou deux nains, voire zéro. Et là effet Singap oblige tu as craqué pour un nouveau Little et tu peines à perdre tes fameux « kilos de grossesse ». (la vérité, tu vieillis ma poule et cette petite bouée là, c’est comme les petits traits -maman c’est quoi le trait sur ton front? Merci Little moi aussi je t’aime- va falloir apprendre à vivre avec …).
Autre piste, t’étais déjà serrée dans ton jean avant et tu fais semblant de ne plus t’en souvenir. Enfin, dernière explication plausible euh possible, en plus de donner cette odeur de moisi à tes précieux cachemires, l’hibernation de ta garde robe en milieu humide l’a fait rétrécir.

Heureusement, tu te rattrapes en essayant tes pulls et là c’est la révélation, en col roulé tu es un vrai canon.

Autre (gros) problème, après 11 mois sans sortir de leur placard, tes vêtements blancs sont tous devenus jaunes. Un peu comme si tous les vomitos de tous tes little babies avaient réapparus sur tous tes tee shirts blancs. La première année ça surprend, je dirais même plus ça panique et puis après tu le sais, c’est la faute à ta copine l’humidité. Il suffit simplement de faire tremper toute ta garde robe pendant 24 à 48h avec du Vanish pour qu’elle retrouve sa couleur d’origine. (mais si si c’est un conseil de ménagère de moins de 50 ans ça madame)

De toute façon, je vais te dire un truc, en plus de puer la mort, d’être jaune dégueuli et trop petites, toutes tes fringues sont vieilles et moches. A part le col roulé, tout est bon à jeter (d’ailleurs tout est déjà jeté en boule partout par terre). Inutile d’insister, tu n’as rien à te mettre et il te faudra tout racheter en arrivant. Sir te félicitera même en pesant ta valise (verte, la sienne) s’étonnant de son poids plume. Et toi tu auras l’été pour pleurer ta garde robe moche-qui-pue parce que, au choix: 1/ le shopping avec 3 Little c’est un cauchemar, 2/le shopping à Alenbiiip, c’est aussi un cauchemar, 3/ t’es restée à la mode taille basse alors que le it fute du moment est taille haute à pinces (juste pas compatible avec la bouée si tu vois ce que je veux dire).

Pour finir, je me permets de te noter quelques erreurs à ne pas commettre :

-  Ne rien emporter en pensant que tu pourras faire du shopping en arrivant. (En fait, tu vas aller t’échouer avec tes littles jetlagués dans la capitale de l’Orne, capitale de la mode cheap et moche (je sais je suis une sale caucasienne snob)
-  Emporter tes baskets en pensant que tu vas faire du sport. (en fait tu vas les porter tous les jours en guise de bottes en caoutchouc).
-  Emporter ta robe longue à fleurs que t’as achetée à Bali et plus généralement tout ce que tu as acheté à Bali. (trop avant-gardiste pour Paris).
-  Penser qu’en Normandie l’été on ne porte pas de chaussettes.
-  Croire ceux qui te disent que cette année, l’été sera hyper beau et chaud.

PS: voici un petit cliché de ma mother et moi pris cet été sous la neige (!) en Suisse.

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